Notre savoir faire
À vous qui me lisez,
Je crois que, chez Maison Jouques, rien ne commence vraiment par une idée.Tout commence par un tissu.
Je prends toujours un moment avant de commencer.
Je le déroule, je le regarde à la lumière, je passe la main dessus. Il y a des tissus plus souples, d’autres plus épais, certains presque frais au toucher, d’autres déjà plus enveloppants.
Je les choisis en France, pour leur qualité bien sûr, mais surtout pour ce qu’ils dégagent.
Un motif peut me rappeler une nappe d’enfance, un rideau dans une maison de campagne, ou simplement une sensation douce que j’ai envie de retrouver.
Je ne cherche pas à suivre une tendance.
Je choisis ce qui me parle.
Ensuite, je m’installe dans mon atelier.Il n’y a rien d’exceptionnel en apparence : une machine à coudre, du fil, des ciseaux, quelques repères. Mais c’est ici que tout se fait.
Je commence par tracer, puis je coupe.
J’assemble les pièces une à une, je les maintiens, je vérifie. Et puis je couds.
Le bruit de la machine est régulier.
C’est un rythme que je connais bien.
Je vais doucement.
Pas par contrainte, mais parce que c’est comme ça que j’ai appris.
Si une couture n’est pas droite, je la défais. Si un détail ne me plaît pas, je recommence.
Rien n’est fait dans la précipitation.Chaque pièce passe plusieurs fois entre mes mains.
Je regarde les finitions, je vérifie les coutures, je m’assure que tout tient, que tout est juste.
C’est une couture simple.
Mais c’est une couture attentive.
Et puis, il y a la musique.
Depuis toujours, elle fait partie de ma vie.
Dans la maison, quand les enfants étaient petits, il y avait souvent une chanson en fond. À la radio, sur un vieux lecteur… Peu importe.
On ne l’écoutait pas toujours consciemment, mais elle était là.Aujourd’hui encore, elle m’accompagne quand je travaille.
Elle remplit l’atelier, elle donne un rythme différent, parfois plus léger, parfois plus nostalgique.
C’est pour ça que chaque pièce porte un nom de chanson.
Le bavoir Mistral gagnant,
Latrousse Voyage voyage,
Les lingettes Avec le temps… Ce sont des titres qui me suivent depuis longtemps.
Ils racontent chacun quelque chose. Une époque, une émotion, une mémoire.
Je trouve beau que ces objets du quotidien portent aussi un peu de ça.
Comme une trace discrète.
Peut-être que, chez vous, une de ces chansons reviendra en tête en utilisant l’objet.
Peut-être qu’elle évoquera autre chose, une autre histoire.
Et c’est très bien ainsi.Chez Maison Jouques, nous fabriquons des objets simples : des bavoirs, des trousses, des lingettes…
Des choses du quotidien.
Mais je crois profondément que ce sont justement ces objets-là qui comptent le plus.
Ceux que l’on utilise tous les jours. Ceux qui s’installent sans bruit dans une vie.Je les imagine chez vous.
Posés, utilisés, lavés, repris.
Je les imagine traverser le temps, se patiner un peu, devenir familiers.
Je ne cherche pas à produire beaucoup.
Je cherche à faire des pièces qui durent, qui accompagnent, qui trouvent naturellement leur place.
C’est une façon de faire, bien sûr.
Mais c’est surtout une façon de regarder les choses.
Prendre le temps.
Faire simplement.
Et garder, toujours, une part de douceur.
Si vous êtes ici, en train de me lire, alors vous êtes déjà un peu entré dans cet univers.
Et j’en suis heureuse.
Nathalie.